« Pour être un bon peintre, quatre choses sont nécessaires : Un cœur doux, un regard précis, une main légère et des pinceaux toujours bien lavés »

Anselm Feuerbach (1829 - 1880)

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Dessin-qui-désigne

Écrit le lundi 30 octobre 2017 par Jean-Christophe Sekinger

Il y a de nombreuses façons de dessiner — autant que de façons de parler, autant que d’êtres de parole et je suis loin de les connaître toutes. Je n’aborderai ici — et vaguement — que trois des motivations, dans ma culture, du dessin figuratif :

Voici ce qu’Émile Littré en écrivait au 19e siècle :

DESSINER. Dessein et dessin sont le même mot  ; il n’y a pas longtemps que l’orthographe les a distingués pour l’œil  ; et dans le XVIIe siècle dessin s’écrivait souvent dessein. Dessein n’est que dessin pris figurément, c’est-à-dire ce que l’on dessine ou désigne, car ces deux mots sont identiques.

Dessin-qui-désigne. L’espace-temps du dessin est un présent (mais c’est une surprise) qui offre le passé et l’avenir :

  1. Tourné vers le visible, le dessinateur propose de figurer le réel commun. Il en trace l’ombre portée, en isole certains aspects, les sépare des contingences : ainsi représentés, ces objets deviennent des sujets et des symboles [1].
  2. Tourné vers l’invisible, le dessinateur réassemble des souvenirs pour figurer l’avenir. C’est la dimension démiurgique du dessin [2] : aval onirique, amont chimérique ou utopique.

En ce qui me concerne, et ce sera le troisième et dernier point de ma rêverie : seul « [...] le côté plus doux des choses » [3] m’apparaît et me motive. C’est mon motif, je le garde, le regarde et le dessine.


[1cf par exemple le Dictionnaire des symboles de Jean Chevalier et Alain Engheebrant

[2L. de Vinci

[3Sénèque, lettre XIII du livre II des Lettres à Lucilius, Traduction : Joseph Baillard (1799 ?-18 ??)