mardi 26 février 2008, par Jean-Christophe Sekinger
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On ne peut pas vraiment comparer ni opposer « peinture figurative » (non « déformante », comme dirait Léon Gard) à « expressionnisme abstrait » :
Si la peinture figurative est comparable à la tarte aux pommes qui, dans le cadre de notre culture culinaire, est immédiatement reconnue et est toujours à peu près faite des mêmes ingrédients, dans des proportions peu variables, on pourrait comparer la peinture abstraite à la mise en œuvre d’un ou plusieurs de ces mêmes ingrédients, mélangés au hasard, au gré des mouvements de l’âme du cuisinier, ou avec le souci de rompre avec les traditions culinaires, ou ordonnés selon de vagues arguments philosophico-bavards, etc : tantôt la tarte sera cubique, tantôt on ne montrera qu’un tas de farine, ou une coquille d’œuf, une montagne de pépins de pommes, tous les ingrédients mixés, la seule pâte cuite ou brûlée, le plat vide ou que sais-je encore ?
La peinture figurative utilise les mêmes ingrédients [1] que ceux utilisés par la peinture abstraite, plus ou moins consciemment et avec plus ou moins de bonheur mais dans une forme qui contient finalement d’avantage que la simple addition de ses composants : par exemple, l’intégrité et l’effectivité du contour de l’ombre d’un visage aimé.
On ne peut vraiment pas comparer ni opposer « Dionysos » à « Dyonisos démembré », sauf à décrire son supplice.
[1] Les invariants plastiques d’André Lhote